Méthodes et résultats du projet

La méthodologie climatique originale d’AP3C

Avec l’appui d’un climatologue, AP3C a développé une méthode climatique originale, permettant aux acteurs du Massif central de disposer de projections fines et précises des indicateurs climatiques et agro-climatiques à l’échéance 2050.

En effet, plutôt que d’utiliser les résultats de la modélisation physique globale du climat, zoomés sur le territoire du Massif central, AP3C a conçu et utilisé des projections climatiques locales, de nature statistique, via un générateur stochastique de temps spécifique.

L’intérêt de cette démarche est de donner aux acteurs locaux et aux agriculteurs toutes les informations nécessaires, exploitation par exploitation et sur un pas de temps resserré, pour une adaptation des pratiques culturales et des systèmes agricoles du Massif central à moyen terme.

L’ensemble de la méthode et les analyses complémentaires, notamment sur sa robustesse, sont en libre accès.

L’approche climatique : les évolutions climatiques attendues en 2050

L’expertise climatique a établi un ensemble de projections jusqu’à l’horizon 2050 à partir de l’analyse de l’évolution d’un certain nombre de paramètres météorologiques (températures, précipitations, évapo-transpirations potentielles –ETP), au pas de temps quotidien sur la période 1980-2015 et sur l’ensemble du Massif central. Plus de 3 millions de données issus d’une centaine de stations Météo-France du Massif central ont été observées, homogénéisées et analysées.

Ces projections permettent d’appréhender de manière détaillée les évolutions climatiques attendues sur le territoire.

Le projet AP3C produit ses propres projections climatiques et agro-climatiques jusqu’à l’horizon 2050 en mobilisant les données d’une centaines de stations météos réparties sur le Massif central
Le projet AP3C produit ses propres projections climatiques et agro-climatiques jusqu’à l’horizon 2050 en mobilisant les données d’une centaines de stations météos réparties sur le Massif central

On retiendra notamment à l’échelle du Massif central :

  • Hausse de la température comprise entre 0,35 et 0,40°C/10 ans

    en moyenne annuelle, plus marquée au printemps jusqu'à 0,55°C/10 ans.

  • Augmentation de la variabilité des températures

    avec un maintien des risques de gels tardifs au printemps et gels précoces d’automne.

  • Une forte évolution du nombre de jours assez chauds (température maximale > 25°C) durant la période printemps/été

    avec un décalage d’un mois en 35 ans (c’est-à-dire qu’un mois typique de juin 2040 ressemblera à un mois typique de juillet 2005).

  • Maintien du cumul de pluviométrie annuel

    mais modification dans la distribution, avec cumul en baisse au printemps et en hausse à l'automne.

  • Cumul d’évapotranspiration annuel en hausse

    surtout en plaine, avec une augmentation de 15% en 50 ans, principalement sur l’été et le printemps.

  • Bilan hydrique dégradé

    de l’ordre de 100mm/50 ans sur le nord-ouest du Massif jusqu’à 250 mm/50 ans sur le sud du Massif, notamment sur les mois de printemps et d'été.

  • Une évolution à la hausse des phénomènes rares

    excès d’eau, épisodes de sécheresse, épisodes caniculaires, gelées tardives, …

En savoir plus

Pour en savoir plus

Synthèses sur l’évolution climatique en cours

Documents complémentaires

Les cartes climatiques et agro-climatiques

La collaboration entre expertise climatique et géographique a permis au projet de produire 150 cartes du Massif central au pixel 500 m, représentant la majorité des indicateurs climatiques et agro-climatiques.

L'approche agronomique : une analyse de l'impact et des pistes d'adaptation à mettre en œuvre face au changement climatique

L’objectif de cette approche est de proposer des adaptations de pratiques à l’échelle parcellaire. Des indicateurs Agro-Climatiques (IAC) ont été produits grâce à l’expertise climatique de notre climatologue et l’expertise agronomique des conseillers référents des chambres d’agriculture partenaires. Ces IAC permettent donc de traduire l’information climatique en une information agronomique et ainsi de mieux comprendre l’impact du changement climatique sur l’agriculture de notre territoire.

Ce sont aujourd’hui 30 IAC qui ont été produits à l’échelle du Massif central. Depuis 2021, 55 nouveaux indicateurs, dits Agro-Pédo-Climatiques ont été développés, prenant cette fois en compte la diversité des types de sols présents sur notre territoire (45 mm, 75 mm et 120 mm).

5 indicateurs généralistes

5 indicateurs pour le maïs

13 indicateurs relatifs à la pousse de l’herbe

4 indicateurs pour les céréales

2 indicateurs pour les dérobées

1 indicateur pour la vigne

Quelques conclusions issues de l’analyse des projections des 12 IAC thermiques à l’échelle du Massif central :

  • Prairies

    La cinétique de pousse de l’herbe sera marquée par un cycle de végétation plus précoce avec une avancée plus marquée en altitude, par un cycle de végétation plus court en plaine, des gels de printemps maintenus, des fortes chaleurs ayant pour conséquence de stopper la pousse de l’herbe en été, et des températures d’automne favorables au développement des prairies. Des évolutions des pratiques culturales s’opéreront. Les premiers apports d’azote, la date de mise à l’herbe et les dates de récoltes seront plus précoces. Les fortes températures de l’été induiront un besoin d’affouragement. Le développement des mélanges variétaux comme gage de souplesse de récolte est à prévoir, tout comme l’implantation de prairies sous couvert pour limiter l’ETP. Les agriculteurs opteront pour des espèces prairiales à fort enracinement ou optimisant la pousse printanière. Une évolution de la diversité floristique dans les prairies naturelles est à attendre.

  • Céréales

    La pousse des céréales sera marquée par une reprise de végétation plus précoce, un risque de gel au printemps et un échaudage en été. Les récoltes pourront être plus précoces qu’aujourd’hui, ce qui sera propice à l’implantation de dérobées post récolte. Pour limiter le risque de gel de printemps, les agriculteurs pourront semer plus tard, opter pour des variétés avec un besoin de vernalisation important, ou des variétés à montaison tardive. En plaine, les choix pourront s’orienter vers des variétés plus précoces afin d’éviter les périodes échaudantes. Des semis plus tardifs peuvent être favorables au développement du faux semis.

  • Maïs

    La croissance du maïs sera marquée par un démarrage de végétation plus précoce, un échaudage important en été et un maintien du maïs plus tardif à l’automne. Ainsi, les récoltes en maïs ensilage seront plus précoces et donc plus favorables à l’implantation de dérobées post-récolte, tandis que les récoltes en maïs grain pourront être plus tardives. Les choix variétaux pourront s’orienter vers des variétés avec des indices plus importants. Un risque de diminution de la pousse en été et un impact négatif des fortes chaleurs sur la fécondation sont à prévoir.

  • Système d'exploitation

    Plus largement, outre l’évolution des pratiques à l’échelle parcellaire, c’est le fonctionnement du système d’exploitation dans son ensemble qui évoluera. Par exemple, une augmentation du ratio stock/pâture, le développement du pâturage tournant, le déplacement des dates de vêlage, une évolution des assolements, une augmentation des capacités de stockage, une modification des chaînes de récolte, … sont à anticiper.

Pour en savoir plus

Approche système : quels leviers d’adaptation pour quel système et sur quel territoire ?

L’approche systémique a pour ambition d’étudier l’impact du changement climatique à l’échelle de l’exploitation dans sa globalité. L’objectif de cette approche système est de scénariser l’évolution d’un certain nombre de cas types à l’horizon 2050. Dans AP3C, cette expertise est la combinaison d’une approche dite « de terrain » valorisant l’expérience des agriculteurs, et d’une approche « à dire d’experts », conduite en partenariat avec les instituts techniques et qui fait appel, entre autres, aux techniciens des Chambres d’agriculture, aux ingénieurs références des Chambres d’agriculture et aux animateurs réseaux de l’IDELE.

En 2021, grâce à l’expertise des conseillers agricoles et des ingénieurs références des chambres d’agriculture partenaires, le travail de scénarisation a été approfondi en combinant plusieurs leviers d’adaptation. Les résultats de ce travail seront à découvrir prochainement 

Autres résultats

Les colloques AP3C

Retrouvez les présentations faites aux colloques AP3C :

Publication des résultats

Les résultats du projet bénéficiant de l’aide seront mis gratuitement à la disposition de toutes les entreprises qui exercent des activités dans le secteur ou le sous-secteur agricole et forestier particulier concerné. Tous les résultats ne peuvent pas être publiés sur Internet du fait du volume des données, mais ils seront disponibles sur demande de toutes les entreprises qui exercent des activités dans le secteur ou le sous-secteur agricole et forestier particulier concerné.