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Adaptations des Pratiques Culturales au Changement Climatique

Le projet de Recherche et Développement « AP3C » a été lancé en septembre 2015 avec pour ambition d’obtenir des informations localisées permettant une analyse fine des impacts du changement climatique sur le territoire, en vue d’adapter les systèmes de production du Massif central et de sensibiliser l’ensemble des acteurs.

Ce projet est animé par le SIDAM avec les compétences des ingénieurs de 11 Chambres d’Agriculture (Allier, Aveyron, Cantal, Corrèze, Creuse, Haute-Loire, Haute-Vienne, Loire, Lot, Lozère et Puy-de-Dôme) et de l’Institut de l’élevage.

Le projet AP3C produit ses propres projections climatiques et agro-climatiques jusqu’à l’horizon 2050 en mobilisant les données d’une centaines de stations météos réparties sur le Massif central
Le projet AP3C produit ses propres projections climatiques et agro-climatiques jusqu’à l’horizon 2050 en mobilisant les données d’une centaines de stations météos réparties sur le Massif central

Un besoin d’adaptation au changement climatique

Avec 85 % de surface en herbe, les prairies du Massif central stockent plus de 2 millions de tonnes de carbone par an ! En tant que principaux puits de carbone au même titre que les forêts, les systèmes agricoles jouent un rôle bénéfique dans la lutte contre le changement climatique tout en préservant les milieux ouverts herbacés. De nombreux projets sur l’atténuation sont en cours auxquels participent les acteurs du Massif central : Beef Carbon, Carbon Dairy …

En parallèle, pour maintenir les systèmes d’élevage et de polyculture élevage dans les zones de massif, des travaux sur l’adaptation des systèmes au changement climatique sont nécessaires. C’est sur cette problématique de l’adaptation que se positionne le projet AP3C.

AP3C est né de la volonté des acteurs du monde agricole de ne plus seulement subir les évolutions climatiques mais de pouvoir les anticiper.

Un projet en 3 phases de 2015 à 2021

Le projet AP3C se décompose en 3 phases réparties sur 6 ans de 2015 à 2021 :

Phase 1
Expertise climatique
terminée
0%
Phase 2
Expertise agronomique
terminée
0%
Phase 3
Expertise systémique
en cours
0%

3 Objectifs opérationnels

Résultats

Plaquette AP3C evolution climatique

Résultats climatiques

L'évolution climatique en cours sur le Massif central

Plaquette AP3C impacts agronomiques

Résultats agronomiques

Les impacts agronomiques en cours sur le Massif central

1/ EXPERTISE CLIMATIQUE
Des résultats climatiques issus d'une méthodologie spécifique

Les données climatiques de 1980 à 2017 ont été recueillies sur un réseau d’une centaine de stations réparties sur l’ensemble du Massif central. Il s’agit de données quotidiennes de température minimum et maximum, de hauteur de précipitations et de l’évapotranspiration potentielle. C’est environ 3 millions de données qui sont observées, homogénéisées et analysées. Les évolutions des paramètres climatiques observées entre 1980 et 2017 ont ensuite été projetées à un horizon relativement court (2016-2050) par utilisation d’un générateur stochastique de temps. Ces projections permettent de se faire une idée détaillée des évolutions climatiques attendues sur le territoire, en moyenne et en variabilité.

Il s’agit donc d’un projet qui créé ses propres projections climatiques. Un document présentant la méthode climatique est disponible en téléchargement ci-dessus.

Les projections climatiques sont réalisées sur chacune des stations mobilisées dans AP3C sur les 11 départements engagés et sont formalisées sous forme résumés climatiques, dont un extrait est disponible en téléchargement ci-dessus.

Aujourd’hui, les données thermiques et les données pluviométriques ont fait l’objet d’une analyse et d’une projection. De l’analyse de ces projections thermiques, nous pouvons retenir les conclusions suivantes :

0
de données analysées
  • Augmentation de la température moyenne annuelle comprise entre +4 et +4,8 °C par siècle

    plus marquée dans le Nord-Est du territoire et sur les mois printaniers. Les températures moyennes hivernales augmentent plus fortement en altitude, à partir de 800 à 1000m (+5°C versus +1 à 2°C dans les plaines au Nord du territoire). Les températures automnales semblent, en revanche, présenter une certaine stabilité.

  • Une forte évolution du nombre de jours assez chauds (température maximale > 25°C) durant la période printemps/été

    avec un décalage d’un mois en 35 ans (c’est-à-dire qu’un mois typique de juin 2040 ressemblera à un mois typique de juillet 2005).

  • Une évolution à la hausse des phénomènes rares

    comme le nombre de jours très chauds (température maximale > 30°C), avec un décalage d’un mois en 25 ans.

  • Une augmentation de la variabilité des températures, avec un maintien des phénomènes de risque de gel tardif de printemps et précoces d’automne

    Le risque de gel hivernal diminue de 30% en 30 ans.

2/ EXPERTISE AGRONOMIQUE
Une analyse de l'impact et des pistes d'adaptation à mettre en œuvre face au changement climatique

0
indicateurs agro-climatiques

L’objectif du projet est de proposer des adaptations des pratiques à l’échelle parcellaire. Des Indicateurs AgroClimatiques, dits IAC, sont mobilisés pour traduire l’information climatique en une information agronomique. Aujourd’hui 30 IAC s’appuyant sur les données thermiques ont été définis et projetés à l’horizon 2050 :

5 indicateurs généralistes

  • date de dernière gelée du printemps
  • date de première gelée d’automne
  • périodes sèches estivales
  • périodes sèches automnales
  • périodes sèches hivernales

4 indicateurs pour les céréales

  • Risque de gel à épis 1cm
  • risque d’échaudage sur céréales et graminées fourragères
  • stress hydrique remplissage du grain – haute altitude
  • stress hydrique remplissage du grain – basse altitude

5 indicateurs pour le maïs

  • Risque d’échaudage
  • date de première gelée à -2°C
  • choix variétaux
  • stress hydrique floraison à remplissage du grain (x2).

2 indicateurs pour les dérobées

  • pour les dérobées : faisabilité thermique des dérobées de printemps
  • faisabilité thermique des dérobées d’été

1 indicateur pour la vigne

  • indice héliothermique de Huglin.

13 indicateurs relatifs à la pousse de l’herbe

  • date de redémarrage de la végétation
  • date de mise à l’herbe
  • date de fauches précoces
  • date de première fauche
  • date de foins tardifs
  • périodes sèches de démarrage de végétation à la mise à l’herbe
  • périodes sèches de la mise à l’herbe à l’ensilage
  • périodes sèches des ensilages à la récolte en foin
  • séquences favorables et disponibles pour ensilages
  • séquences favorables et disponibles pour foins
  • séquences favorables et disponibles pour enrubannages
  • périodes favorables à la mise en place des semis de prairies de printemps
  • périodes favorables à la mise en place des semis de prairies d’automne

De l’analyse des projections des 12 IAC thermiques à l’échelle du Massif central nous pouvons retenir les conclusions suivantes :

  • Prairies

    La cinétique de pousse de l’herbe sera marquée par un cycle de végétation plus précoce avec une avancée plus marquée en altitude, par un cycle de végétation plus court en plaine, des gels de printemps maintenus, des fortes chaleurs ayant pour conséquence de stopper la pousse de l’herbe en été, et des températures d’automne favorables au développement des prairies. Des évolutions des pratiques culturales s’opéreront. Les premiers apports d’azote, la date de mise à l’herbe et les dates de récoltes seront plus précoces. Les fortes températures de l’été induiront un besoin d’affouragement. Le développement des mélanges variétaux comme gage de souplesse de récolte est à prévoir, tout comme l’implantation de prairies sous couvert pour limiter l’ETP. Les agriculteurs opteront pour des espèces prairiales à fort enracinement ou optimisant la pousse printanière. Une évolution de la diversité floristique dans les prairies naturelles est à attendre.

  • Céréales

    La pousse des céréales sera marquée par une reprise de végétation plus précoce, un risque de gel au printemps et un échaudage en été. Les récoltes pourront être plus précoces qu’aujourd’hui, ce qui sera propice à l’implantation de dérobées post récolte. Pour limiter le risque de gel de printemps, les agriculteurs pourront semer plus tard, opter pour des variétés avec un besoin de vernalisation important, ou des variétés à montaison tardive. En plaine, les choix pourront s’orienter vers des variétés plus précoces afin d’éviter les périodes échaudantes. Des semis plus tardifs peuvent être favorables au développement du faux semis.

  • Maïs

    La croissance du maïs sera marquée par un démarrage de végétation plus précoce, un échaudage important en été et un maintien du maïs plus tardif à l’automne. Ainsi, les récoltes en maïs ensilage seront plus précoces et donc plus favorables à l’implantation de dérobées post-récolte, tandis que les récoltes en maïs grain pourront être plus tardives. Les choix variétaux pourront s’orienter vers des variétés avec des indices plus importants. Un risque de diminution de la pousse en été et un impact négatif des fortes chaleurs sur la fécondation sont à prévoir.

  • Système d'exploitation

    Plus largement, outre l’évolution des pratiques à l’échelle parcellaire, c’est le fonctionnement du système d’exploitation dans son ensemble qui évoluera. Par exemple, une augmentation du ratio stock/pâture, le développement du pâturage tournant, le déplacement des dates de vêlage, une évolution des assolements, une augmentation des capacités de stockage, une modification des chaînes de récolte, … sont à anticiper.

3/ EXPERTISE SYSTEMIQUE
Des adaptations proposées à l'échelle parcellaire et à l'échelle du système d'exploitation

Le projet AP3C allie une triple expertise climatique, agronomique et systémique. La troisième expertise a pour ambition d’étudier l’impact du changement climatique à l’échelle de l’exploitation dans sa globalité. L’objectif de cette approche système est de scénariser l’évolution d’un certain nombre de cas types à l’horizon 2050. Dans AP3C, cette expertise est la combinaison d’une approche dite « de terrain » valorisant l’expérience des agriculteurs, et d’une approche « à dire d’experts », conduite en partenariat avec les instituts techniques et qui fait appel, entre autres, aux techniciens des Chambres d’agriculture, aux ingénieurs références des Chambres d’agriculture et aux animateurs réseaux de l’IDELE.

Pour en savoir plus

Les résultats du projet bénéficiant de l’aide seront mis gratuitement à la disposition de toutes les entreprises qui exercent des activités dans le secteur ou le sous-secteur agricole et forestier particulier concerné. Tous les résultats ne peuvent être publiés sur Internet du fait du volume des données, mais ils seront disponibles sur demande de toutes les entreprises qui exercent des activités dans le secteur ou le sous-secteur agricole et forestier particulier concerné.

Documents à télécharger

Actualités

Communication des résultats d'AP3C

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Le changement climatique dans le Massif central : entretiens avec Vincent CAILLIEZ

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Vidéo : étudier le réchauffement climatique au niveau local : une nécessité pour anticiper son impact

A l'occasion des journées techniques SATESE-ASTER organisées par l'ARSATESE Loire-Bretagne, Vincent CAILLIEZ, climatologue, a présenté le projet AP3C et ses résultats. Revivez l'intervention en vidéo :https://youtu.be/FfxFnt3HDEM En savoir plus sur AP3C

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Acteurs impliqués

Partenaires techniques et financiers

Les partenaires techniques du projet AP3C sont financés dans le cadre de la Convention interrégionale du Massif central par le ministère de l’Agriculture, la Région Auvergne-Rhône-Alpes et la Région Nouvelle-Aquitaine.

Partenaires impliqués dans le Comité de pilotage

  • Des acteurs du développement : SIDAM, Chambres d’agriculture, IDELE, Pôle AOP Massif central, MACEO, Plateforme 21
  • Des acteurs de la coopération : Coop de France Auvergne-Rhône-Alpes et Coop de France Nouvelle-Aquitaine
  • Des acteurs de la recherche : INRAE et VetAgroSup
  • Des acteurs institutionnels : DRAAF, Commissariat de Massif, Région Auvergne-Rhône-Alpes, Région Nouvelle-Aquitaine, GIP Massif central

Contact

Marine LESCHIUTTA
Chargée de mission Agro-Climat