Communiqué de presse

Aubière, 17 février 2021

La méthode climatique du projet AP3C pour l’adaptation au changement climatique dans le Massif central, un concept de base repris par Météo-France

Le projet AP3C (Adaptation des Pratiques Culturales au Changement Climatique), porté depuis 2015 par le SIDAM et les Chambres départementales d’agriculture du Massif central, a la particularité rare d’avoir conçu et développé ses propres projections climatiques.

Sur la base de données observées entre 1980 et 2015, l’expertise d’un climatologue nous a permis de produire des projections climatiques à l’horizon 2050, le tout, compatibles avec les évolutions climatiques déjà enclenchées sur les différentes zones de notre territoire. Pour s’assurer de la compatibilité des trajectoires (indispensable pour développer des indicateurs adaptés à un climat en perpétuel évolution), il faut rendre compte correctement du climat présent. C’est la raison pour laquelle la méthode climatique du projet AP3C s’est en premier lieu préoccupée de la question de la définition de la référence climatique.

En effet, si on considère les références climatiques classiques, dites “normales”, habituellement utilisées dans d’autres projets, ces dernières ne représentent plus le vrai présent du climat, et ceci à cause du Changement Climatique en cours. Ainsi, les normales 1981-2010, représentatives d’un climat centré sur 1995, ne peuvent plus servir de références pour décrire notre climat actuel. Si on n’y prend pas garde, l’erreur atteint 0,4 °C par décennie, c’est à dire 1 °C pour 25 ans, ce qui est considérable pour des températures moyennes annuelles, et équivalent à un décalage d’environ 200 km vers le Sud.

C’est ce point qui a été explicité clairement par Météo-France en janvier 2021 dans des termes très proches de ce qui est exposé par AP3C :

“Les normales 1981-2010 sont représentatives du climat moyen sur une période autour des années 1990 et ne représentent plus le climat actuel dans le contexte du changement climatique, notamment en matière de température”.

Désormais, le projet AP3C pourra s’appuyer sur cette prise de position favorable, d’un organisme de réputation internationale, qui a la charge de la garde des données et des références climatiques dans notre pays.

Le caractère pertinent et novateur, désormais reconnu, de la démarche climatique utilisée dans AP3C bénéficie aux travaux sur les volets agronomiques et systémiques qui traduisent les évolutions climatiques en termes d’impacts sur les cultures et les exploitations agricoles. Il rend également plus évident et plus ouvert le dialogue que le SIDAM a entrepris, pour valoriser ces données, vis à vis des autres secteurs économiques du Massif central dans le cadre des “Rencontres Multi-Acteurs“. En effet,  si l’agriculture est en première ligne face à ce phénomène, il touche bien d’autres secteurs et fait émerger des problématiques multiples et territoriales qui nous concernent tous.

Grâce à l’utilisation de données fines et territorialisées,  ces projections sont adaptées à chaque entrepreneur ou citoyen en fonction de sa situation géographique. Ainsi, une des façons de sensibiliser les acteurs présents à ces réunions sur les résultats climatiques et agro-climatiques territorialisés obtenus est de les présenter sous forme de cartes. Le projet produit notamment une base de données de 150 cartes au pixel 500 m, spatialisant les indicateurs climatiques et agro climatiques issus de la projection à l’horizon 2050.